mercredi 30 septembre 2009

A lire pour la Commission Zelnik [2]

CoJe suis sûr que Carla Bruni, en bonne et pieuse italienne, ne manquera pas de laisser ces quelques mots du Très Saint-Père en cadeau aux personnes qui se réuniront pour tenter d'établir une offre légale culturelle.

en référence à :
"mais aussi que dans les relations marchandes le principe de gratuité et la logique du don, comme expression de la fraternité, peuvent et doivent trouver leur place à l’intérieur de l’activité économique normale. C’est une exigence de l’homme de ce temps, mais aussi une exigence de la raison économique elle-même. C’est une exigence conjointe de la charité et de la vérité."
- Caritas in veritate - Lettre Encyclique, Benoît XVI (afficher sur Google Sidewiki)

A lire pour la Commission Zelnik

Des fois que des envies de DRM (Digital Right Management), de produits fermés ou livrés hors-délai de consommation, leur chatouillent à nouveau les narines.

en référence à :
"Ainsi, il arrive souvent que, dans les réseaux des échanges économiques, financiers ou politiques, demeurent des incompréhensions, des malaises et des injustices; les flux des connaissances techniques se multiplient, mais au bénéfice de leurs propriétaires, tandis que la situation réelle des populations qui vivent sous ces flux dont elles ignorent presque tout, demeure inchangée et sans possibilité réelle d’émancipation."
- Caritas in veritate - Lettre Encyclique, Benoît XVI (afficher sur Google Sidewiki)

La place des ressources humaines à l'heure des réseaux

A une époque où les rapports de la vie courante, sous la pression des réseaux, sont de plus en plus désintermédiés, pourquoi les managers et le terrain sont-ils maintenus dans les pyramides aussi éloignés de la forteresse centralisée des ressources humaines ?

Dans cet article, nous apprenons que Renault a pu stopper une vague de suicides en rapprochant les ressources humaines des employés et de la réalité du travail.
Il faut aller plus loin et maintenant commencer de réfléchir à une véritable décentralisation de la fonction des ressources humaines, qui n'est plus capable de produire de la valeur ajoutée dans les nouveaux processus d'organisation ou de restructuration qu'on lui a demandé d'accompagner sans s'y réformer.
Au contraire, sa position retranchée est perçue comme un absolu désespérant et déconnecté des réalités pratiques de l'entreprise. Avant que cette fonction essentielle ne s'enferme définitivement dans un conservatisme, faisons en sorte qu'elle reprenne sens et vie au sein des équipes, au contact du terrain et sous le contrôle et l'impulsion des managers.
C'est autant une question d'image interne que d'efficacité.
en référence à : Ressources humaines - France Télécom. Un groupe bouleversé - Evenements - Actualité Challenges.fr (afficher sur Google Sidewiki)

mardi 29 septembre 2009

Incidences stratégiques sur court et long terme.

Stratégiquement, le MRAP n'a que des intérêts dans le lancement de ce genre de procédure.
Soit le tribunal désigné donne raison au MRAP et la démission d'Hortefeux sera une victoire pour l'anti-racisme, mais nourrira une terreur dans les rangs des politiques qui analyseront cette affaire comme le signal d'un retrait de certains terrains sociaux où il n'y a que des coups à prendre. Les habitants des cités apprécieront.
Soit il lui donne tort et le MRAP aura beau jeu de laisser prospérer des propos de haines et défiances vis à vis de la justice française, sans les reprendre à son compte, bien sûr.
Diviser pour diviser, tel est l'objectif. Ne rien laisser passer en établissant incessamment des frontières et laissant prospérer les incompréhensions.
L'idée est de déclencher une phase médiatique de plusieurs mois qui renforcera les passions communautaires et donc justifiera la présence de l'association au centre d'un débat de feu, qu'elle aura, à minima, entretenu.

Sur une perception populaire, et traversant toutes les communautés, ma sensation est que ces types d'associations sont en train de griller lentement mais sûrement leurs cartouches de crédibilité.
Vouloir faire des exemples c'est pratiquer psychologiquement et sociologiquement une politique de la terre brûlée.
Ce sera alors un grand drame pour tout le monde, le jour où après avoir entretenu les haines sur des décennies, les hommes se regarderont et comprendront qu'ils ont été victimes des manipulations de ces militants du désespoir.
Qui osera, à son tour, parler de tolérance et d'anti-racisme ?
en référence à : Brice Hortefeux cité à comparaître pour "injures racistes" - LeMonde.fr (afficher sur Google Sidewiki)

samedi 26 septembre 2009

Les ABC du BAC Philo infiltrent les dîners en ville

C'est du moins l'avis de Sebastien Le Fol, sur son blog.
Voici venir la pop philosophie, qui se structure par "le rejet de l'interprétation en faveur d'une construction directe des concepts".
Oui, pourquoi s'embêter à reconnaître l'histoire des idées, leur cheminement, leur lien avec les sciences et les hommes. Qu'une même phrase prononcée à quelques siècles d'écart dans des contextes différents puisse avoir deux significations opposées ne tient pas la route.
Pourquoi s'embêter, pourquoi refuser de piocher, pourquoi ne pas se distraire avec les briques de nos valeurs ?
Ce qui est intéressant, en revanche, c'est que voici un mouvement qui n'est pas de la faute de l'Internet. Pour une fois qu'une manifestation de l'inculture n'est pas associée à l'informatique... nous voici soulagés d'un grand poids.

en référence à : Maigrir avec Nietzsche - Du fil à retordre (afficher sur Google Sidewiki)

vendredi 25 septembre 2009

Umair Haque demande de l'aide [en]

Les idées simplement innovantes ne suffisent plus, Umair Haque a rédigé un manifeste en faveur des idées brillantes ou stupéfiantes.
Tout le monde est invité à lui envoyer ses remarques et ajouts à ce manifeste pour qu'une version collaborative puisse naître sur le Harvard Business Blog.
Cela fait plusieurs fois qu'il utilise Twitter pour prendre les avis de manière instantanée et collaborative (plutôt intelligent en regard des triches démontrées par Thierry Crouzet sur cette techno).
Là on peut lui écrire un courriel plus argumenté : umairhaque /at/ gmail

en référence à : Wanted: Your Thoughts on Awesomeness - Umair Haque - HarvardBusiness.org (afficher sur Google Sidewiki)

Xavier Ternisien ne comprend rien

Voici un tweet à propos d'un article peu intéressant et recopié sur Marianne2.
Xavier Ternisien, du Monde fait semblant de s'étonner que les deux blogueurs connus de Novovision et Embruns aillent contre la pratique de Marianne2, vu qu'ils seraient pro-Web2.0..
Sauf que c'est complètement faux pour les deux, il suffit de les avoir un peu suivi sur la Toile, pour savoir qu'ils n'ont jamais été zélateurs du Web 2.0
Décidément, le métier de journaliste de presse est toujours imperméable aux nuances. C'est pour cela qu'on les aime...

en référence à : Twitter / Xavier Ternisien: Je vous comprends pas. C'e ... (afficher sur Google Sidewiki)

jeudi 24 septembre 2009

Lutter contre un idéal

Google Books est pour l'instant freiné dans divers pays d'Europe et maintenant aussi aux Etats-Unis, la représentante de la justice américaine ayant désigné, depuis son arrivée aux affaires, le géant de l'informatique en réseau comme la principale cible de son mandat.
Google avec son idéal de bibliothèque universelle, que l'on pouvait croire au départ quichottéen, a démontré par ses efforts technologiques le sérieux et la validité de son entreprise.
A présent, les jaloux et envieux se rassemblent.
On raconte qu'un brigand, se cachant dans la forêt électronique de Sherwood, a le projet insensé de rendre accessible d'un click, l'ensemble du savoir mondial aux "manants."
Immoral, vous-dis-je... mais que font les honnêtes gens ?
en référence à : Google et les éditeurs français se retrouvent au tribunal - LeMonde.fr (afficher sur Google Sidewiki)

Hu Jintao s'engage sur le climat, Barack Obama fait la star

Le discours du président chinois, succinct et clair, montre l'énorme avantage courant de la Chine sur les Etats-Unis, de ne pas avoir besoin de systématiquement justifier un leadership.
Barack Obama a toujours le niveau d'une star, mais les actes se faisant attendre du côté de la politique intérieure, même des engagements réels (qui ne sont pas venus) sur la prise en compte du climat par cette nation, n'auraient pas entraîné un large crédit des observateurs.
en référence à : Hu Jintao’s Speech on Climate Change - Text - NYTimes.com (afficher sur Google Sidewiki)

mercredi 23 septembre 2009

Etats-Unis : l'activisme conservateur a comblé son retard sur le Net

Pour tenter de limiter le pouvoir d'Obama, il y eut les campagnes de courriel pour rassembler d'autres militants, comme pour diffuser un nombre important de rumeurs sur la réforme de la santé. Lors de Town Hall meetings qui furent de véritables pièges pour les députés et sénateurs démocrates, des cameramen amateurs fournirent aux mainstream medias les images les plus virulentes par le biais de Youtube, la presse vidéo se servit sans bourse délier.
Au contraire de ce que l'on peut imaginer, la pression réelle ne vient pas vraiment de Fox News qui, de toute façon, n'attire le public électoral indépendant qu'à 22% mais d'une organisation qui est devenue depuis la dernière manifestation réussie du 12 septembre le coeur de la contestation anti-Obama : FreedomWorks.

Deux articles, l'un du Guardian, l'autre du Temps, montrent que le mouvement grassroot monté par Obama lors de son élection et mis en action par l'Internet, fut analysé et reproduit par cette association conservatrice.
Il ne s'agit pas que d'un site comme point central, mais d'un réseau d'information sur le Web, d'une page Facebook et surtout d'une adresse Twitter, cette dernière relayant les dernières annonces d'évènements, remerciements, articles, communiqués de presse. Au coeur de ce dispositif, un professionnel de l'activisme de 27 ans, Brendan Steinhauser.
En l'espace d'une dizaine de mois, le mouvement conservateur refait donc surface, après la défaite de McCain aux présidentielles. Un sticker pour donations sur le site permet à l'instar du site de campagne d'Obama, à FreedomWorks, de pouvoir se financer à hauteur des 4/5èmes des 8 millions de dollar de budget annuel. Freedomworks annonce une structure pyramidale qui agit sur un réseau global de 800000 personnes, leurs objectifs n'étant pas seulement d'enrayer la réforme de la santé mais aussi de stopper les projets d'Obama sur la réduction du CO2.

On voit se profiler ce qui demain pourra devenir aussi une véritable guerre d'opposition en France, avec un terrain mobilisé et animé par les possibilités des réseaux sociaux du Web. Sur le long terme, surement un effet d'affolement des médias classiques et pourquoi pas le dépassement en efficacité de vieilles formes telles les jeunes populaires et autres jeunesse socialiste, qui, par la créativité, rassemblera des personnes de tous les âges, ponctuellement, pour des opérations de terrain. Peut-être que quelques unes des futures grandes carrières politiques s'offriront à celles ou ceux qui auront eu le courage de bâtir puis de mettre en action ces passerelles populaires.

Faisons même un peu de Science-fiction, le militantisme pourrait être enfin rétribué à sa juste valeur, celle du terrain, en distribuant des points d'attentions, telle une monnaie virtuelle à chaque militant en regard de son temps investi et de ses missions. Capital de points accumulés qui permettra de s'adresser par la suite en priorité à l'un de ses élus pour activer une démarche de résolution d'un problème quotidien, ou gagner une aura ou un droit de parole particuliers au sein du parti. Une méritocratie de l'action politique en quelque sorte.

mardi 22 septembre 2009

Mise en place problématique de la Net neutrality aux Etats-Unis

En dehors des problèmes de sécurité globale, que le principe de Net neutrality n'adresse pas, un débat va tenir place aux Etats-unis sur une surveillance des opérateurs par l'autorité fédérale, le FCC (Federal Communications Commission.)

Certains se demandent si cette surveillance doit être activée, par le biais d'une régulation, pour faire appliquer le principe de Neutralité. Personne ne sait à l'heure actuelle quelles seraient les impacts sur le service global à l'internaute et sur les investissements si ce principe était surveillé de près par une autorité fédérale disposant donc de textes de lois et des moyens suffisants.

Il y a bien sûr d'un côté les craintes que des opérateurs sanctionnent sans le consentement de leurs utilisateurs la VOIP ou le téléchargement vidéo, pour privilégier leur propre service de communication ou de vidéo on demand. Et ces mauvaises pratiques doivent être identifiées et stoppées.

Mais ce n'est que le côté pile du débat, une application stricte du principe peut représenter un risque de figer l'offre au niveau du débit. La prévision d'une régulation trop sévère, d'inspiration idéologique, qui ne laisserait pas de marge à l'innovation dans l'offre pour l'opérateur, conduirait ce dernier à ne pas pouvoir bénéficier d'investissements  qui  seraient inopérants puisque sans perspective de retour.

Dans ce cas, la mise en sommeil de la progression en capacité génèrerait une inégalité de traitement, inéluctable entre les utilisateurs : cela s'opérerait sur le principe du winner take all, c'est à dire que ceux qui chargent par exemple les vidéos en peer to peer, limiteront les performances de connexion de ceux qui ont plutot un usage textuel de l'Internet.
A long terme, créant peut-être les conditions pour que la mission du FCC se déplace de la mise en respect de la neutralité du net vers une surveillance bureaucratique d'un bien public, la connexion, cet organisme viendrait équitablement en partager la rareté entre les citoyens.

Il y a donc deux oppositions qui se profilent, d'abord celle des géants du Web et des opérateurs, puis, les défenseurs d'une régulation du gouvernement pour faire respecter le principe de neutralité et  leurs opposants qui croient qu'il faut passer par d'autres moyens pour ne pas tuer la concurrence et l'innovation.
A suivre...

lundi 21 septembre 2009

Les "experts" du Web : une vision enfantine ou doctrinaire

Vrai, j'ai attaqué le site de Ségolène Royal surtout pour le dédain de l'utilisateur. Par ce que je pense qu'il existe une hiérarchie, qui fait que celui qui présente un site à un utilisateur doit prendre en compte cet utilisateur dans sa diversité et le mettre rapidement sous son aile, qu'il y ait le moins de barrière entre lui ou elle et son contenu.
Lorsque cette diversité est radicale, qu'il s'agit d'une large portion de la population, et que les gens ne peuvent pas se causer entre eux avant que le site existe, le lien commun commence par l'établissement d'une certaine neutralité d'apparence et de fonctionnement ; je regrette que Ségolène Royal ait décidé seule, se privant dès le départ de ce respect entre le site et son visiteur. Un choix neutre qui lui aurait laissé la possibilité d'évolutions consenties par la suite.


Cependant, ce que l'on sent dans cette vidéo relatant un discours dans la Creuse, c'est le dépit de Ségolène Royal vis à vis du "lobby d'Internet".
Je n'aime pas cette expression de lobby lâchée à la volée, car c'est un effet populiste qui est recherché, mais allons plus loin que le contexte qui nécessitait peut-être de la part de SR de provoquer une forme de réveil ou d'enthousiasme dans son public. S'il y a de la stratégie de sa part, elle coexiste avec l'amertume ou la rage de ne s'être pas faite comprendre du premier coup.
Il y a aussi une forme d'amertume de la part de Jean-François Copé lorsqu'il dénonce un totalitarisme de la transparence qui serait au croisement des équipements technologiques portatifs et des services de mises en ligne sur l'Internet.

Authueil dénonce ce malaise des politiques et nous fait le coup des jeunes qui remplaceront les vieux et qui seront meilleur adeptes des technologies en ligne. Il n'en sait rien, ce n'est qu'une vision intellectuelle, peut-être se révèleront-il bien pires. Pourquoi ? rien qu'à voir l'utilisation que les partis démocrates et républicains américains font du Web ces derniers temps dans la guerre de l'information qui les oppose sur le terrain de la réforme de la santé, et parfois bien au-delà, on est en droit d'imaginer le pire pour l'avenir. Rien qu'à compter les assassinats virtuels : un conseiller fraîchement nommé d'Obama, Vance Jones, déposé sans un remerciement, et une association caritative comme Acorn, qui paye le prix de quelques canards boîteux en son sein, cela commence à faire beaucoup. Et ces blessures provoquée par ces hostilités, ainsi que la question raciale réouverte par Jimmy Carter dans le rôle du porte-flingue, mettront plus d'un mandat à se refermer.

Les politiciens sont peut être des idiots ou des imbéciles, ils leur reste assez d'instinct pour se rendre compte qu'il y a des évolutions en cours qui ne sont pas relatées par les experts du Web et qu'on ne leur raconte pas la vérité ou ce dont ils auraient besoin pour comprendre ce qui se passe. Une partie de cache-cache qui commence à se révéler agaçante.

Principalement, chez ces experts, il y a une crise des principes, ce qui fait qu'il seront de moins en moins audibles et qu'ils seront de moins en moins capables de comprendre ce qu'il se passe avec les utilisateurs.

Authenticité et Liberté. Ce qui est à l'origine du Web actuel et de son explosion est né de nouveaux modes d'organisations qui avaient pour fondement le respect de la liberté sous toutes ses formes. Cette boussole est en train de s'effacer lentement des esprits au fur et à mesure que l'argent facile corrompt les experts transformés en tenanciers de la doctrine.
L'idée du don d'information à la communauté ou de l'échange ne viennent qu'en appui d'une certaine conception de la société, élitiste, qui, au final, reconstitue des barrières virtuelles de connaissances. Il est bien sûr prévisible que ces barrières ne tiendront pas, et qu'il faudra que les experts remettent en jeu leurs certitudes s'ils veulent continuer à servir à quelque chose.

Humilité et reconnaissance. Même celles et ceux qui sont depuis un certain temps dans le mouvement, ont oublié une révérence capitale, celle faite à l'ouverture. Cette ouverture n'est pas seulement celle du code, mais c'est aussi celle de l'écoute et de l'enseignement.
La tentative parisianiste de se distinguer de soit-disant "analphabètes du Web" est un concept radicalement 1.0, car il estime la population de manière statique et inutile au réseau en dessous d'un certain seuil de connaissance, il ne prends pas en compte les différents niveaux d'usage, et ne reconnaît pas qu'avec le temps, les usages iront en se spécialisant et perfectionnant suivant le chemin que chacun aura choisi. Sans compter qu'à ce jeu là, on est toujours l'analphabète de quelqu'un et que si l'on célèbre des concepts hype comme la serendipité, on ne peut mettre sous l'étouffoir des idées même venant de personnes que l'on juge "déplacées."

Beaucoup des défenseurs du Web le sont par enthousiasme, et je les comprends, mais ils ne sont pas dans un engagement profond et désintéressé ; ils rêvent de bloquer leur statut pour être des intermédiaires entre les sachants et les décisionnaires. Mais de vrai, quelle est leur valeur ajoutée sur le long terme pour ces derniers s'ils décident que tout doit s'arrêter à leur compréhension ?

C'est exactement ce que les politiques les plus fins commencent à sentir : la soupe du Web qu'on leur sert est aussi fraîche que le bouillon cube qui en fait la saveur, alors au lieu de diriger leur critiques finement, ce qu'ils n'ont pas eu pour l'instant le temps de faire, ils dénoncent cette fausse ouverture perclues d'immobilismes qui joue trop la séduction pour ne pas être catin.
Ségolène Royal se trompe peut-être, mais elle se positionne sur la solidarité et entend privilégier l'échange avec ceux qui veulent prendre leur vraie place en ligne.
Jean-François Copé se trompe peut-être, mais il sent que ce qu'on lui décrit comme une avancée capitale et démocratique, risque de se transformer aussi en machine de guerre politique à double sens, un superbe relais du terrain militant, avec tous les dégâts potentiels sur le crédit démocratique.
Classique, l'une est de gauche, l'autre de droite.

samedi 19 septembre 2009

Serez-vous rétro-sexuel ?

L'ancienne interface de Facebook vous permet encore de rechercher les personnes que vous avez perdues de vue au cours de votre vie. On vous avait pourtant dit que c'était Facebook lite, qui était "de la bombe !" Pourtant qui n'a pas essayé de retrouver son ancien amour de collège, de lycée ? Une fois que vous aurez repris contact, avec lui ou elle, ferez vous comme tant d'autres ? Retenterez-vous le voyage vers la sensation de votre premier baiser ? Vivre une aventure rétro-sexuelle, voilà la magie de la réalité d'aujourd'hui.

Plus les réseaux sociaux existent, plus ils semblent adresser non des thématiques universelles mais des préoccupations culturelles et personnelles bien plus locales et intimes que les technologies qui y sont employées. Et l'âge où l'on se porte vers ces nouveaux jeux grandit, 30, 40, 50 ans.

Amusons-nous, deux jeunes amants d'aujourd'hui, peuvent se dire : "séparons-nous maintenant, dans 15, 20 ou 30 années, nos retrouvailles n'en seront que plus intenses, car nous vivrons une belle histoire rétro-sexuelle comme le font nos aînés, aujourd'hui."

Je ne comprends pas, à la lecture de mon agrégateur je croyais que le Web était affaire de jeunes, ou de natifs numériques (digital natives), que les flux du Web domineraient la nostalgie, que l'objet stratégique tant rêvé était la recherche en temps réel (real-time search) et non la recherche ciblée de personnes dont les flots du temps nous avaient éloignés, que les personnes morales allaient venir rencontrer des personnes physiques pour partager un instant privilégié, dédié à la consommation et non que des flammes viendraient se rallumer sur l'autel de rapports touchants parce que désintéressés.

Ce qu'il y a d'amusant dans cette histoire, c'est qu'il y semble se dessiner la certitude que ce qui est raconté dans les médias, à propos du phénomène des réseaux sociaux, ne fait incidemment qu'effleurer les préoccupations des utilisateurs. Ce genre de constat devrait inciter les connaisseurs à plus d'humilité, et à changer d'état d'esprit avant que le fossé entre les usages réels et leurs croyances ne grandisse jusqu'à devenir infranchissable.

vendredi 18 septembre 2009

Fin du #Royalfail, on a bien ri quand même

Remerciements à Ségolène Royal pour avoir eu l'humilité de déchiffrer parmi l'immense éclat de rire des internautes, que quelque chose, au bout du compte, clochait. Desirsdavenir.org reprend une face humaine et appaisée, c'est à présent un bon petit blog aux couleurs neutres, qui fonctionne. 
Soulagements, sûrement, pour la reconnaissance du design juste et au final du développement de la capacité d'écoute d'une leader d'opinion. Un petit pas pour la politique, mais un grand pas pour l'amélioration de notre champ visuel.

[Edit - 18/09/2009 16:00] Un petit d'attente pour l'instant, sûrement la redirection DNS vers ce nouveau blog de secours.

[Edit - 18/09/2009 19:40] Le site n'est plus en ligne, en réparation ? Cela reste quand même fragile.

[Dernier Edit - 19/09/2009 14:43] J'ai parlé trop vite ou crié victoire trop tôt : desirsdavenir.org pointe à présent sur l'adresse desirsdavenir.com. Tous ces changements sont incompréhensibles, Retour donc sur la page d'accueil violette, avec le lien "Rétablir la vérité" qui ne marche toujours pas. Personne ne sait vraiment ce qui se passe avec tous ces changements de pied qui s'opèrent en donce sans ligne de conduite fiable.

Le cauchemar de l'auto-surveillance encensé par l'évangélisme Web

Ce débat commençait à dater mais il reprend sa signification, là où des dignes représentants des Lumières tels que Diderot ou Voltaire, posaient que l'apprentissage de la vertu pour soi était une condition de stabilité des structures démocratiques d'un pays, il y a toujours eu des tentatives de déni de cette longue procédure, coûteuse en explications et en temps d'éducation, pour tenter d'y substituer un monde amélioré, ou parfait, où chaque citoyen serait le gardien de l'autre, le policier, le confesseur et le censeur.

Thierry Crouzet pense que cette pente de l'auto-poliçage des foules est la voie royale à des économies d'échelles en énergie, en temps et en argent, en rapport du système classique et imparfait de la police actuelle. Il cite comme exemple souverain l'application de la loi contre le tabac ; l'apparition inopinée dans le public de la vertu par contrôle mutuel, alors qu'il ne s'agit que d'hypocrisie quotidienne.


Premièrement, les patrons ou gérants d'établissement étaient transformés en assistant de police contraint de leur espace car le montant de l'amende était sans commune mesure avec celui que risquait de payer un client, et deuxièmement, un facteur technologique s'est glissé dans l'équation : n'importe qui au sortir d'un de ses endroits pouvait ouvrir son mobile, et dénoncer en temps réel à un poste ou une patrouille de police locale, une infraction à la loi dans l'endroit qu'il venait de quitter.

C'est aussi simple que cela, efficace, sans douleur et donne l'impression que tout le monde s'est pacifiquement plié à la contrainte. Je ne vais pas citer les pays où des systèmes de dénonciation parallèles sont installés et rétribués par les autorités gouvernementales, mais ils existent, et je vous assure que très vite leurs citoyens développent une oreille très particulière et très fine dans leurs conversations de tous les jours, chacun écoutant l'autre pour tenter de deviner de quoi ils causent en profondeur, et non en surface, ou pour constater mutuellement que personne n'est allé trop loin dans une remise en question de la politique actuelle du gouvernement.

Décidément, l'évangélisme technologique déroule un tapis rouge aux futurs totalitarismes : nous avions déjà été prévenus que la vie privée était "un problème de vieux c..." maintenant, c'est l'auto-surveillance consentie par tous les acteurs de la société qui devient la solution économiquement et écologiquement la plus efficace au maintien de l'ordre.

Ben, voyons...

jeudi 17 septembre 2009

Segolene Royal choisit le ricanement et le mépris puis invente le réel-populisme

Dans sa dernière adresse et parlant de son essai de site qui a explosé en plein vol et dévoilé la fragilité de son isolement, à l'instar de François Bayrou, des appareils politiques traditionnels, Ségolène Royal a défendu son goût et piétiné en passant la profession du Web.
Le rejet du travail et de l'expertise sur le Web et donc de milliers de personnes à travers la France, qui pratiquent avec goût et dynamisme, ce n'est bien sûr qu'un maigre prix à payer en regard de l'orgueil personnel de l'animal politique et, pour une fois, au lieu de dramatiser sur de méchants politiques ou journalistes de renom, sa foudre victimaire s'abat sur une partie de celles et ceux qui avaient soutenu son effort de communication participative pendant plus d'une année entre 2006 et 2007, pour l'élection présidentielle.

"Mieux, nous avons réalisé des économies, car ce nouveau site coûtera en fonctionnement 12 fois moins cher que le précédent, et près de 100 fois moins que le tout premier. Nous réalisons également une économie de charges salariales de 62 000 euros par ans, grâce à l’engagement de militants bénévoles."

C'est vrai, que savent-ils faire ces gens du Web en rapport des bénévoles ? Entre autres, ils savent faire un lien et tester s'il fonctionne. Il m'a suffit de cliquer sur le lien "Rétablir la vérité" pour tomber sur la fenêtre suivante.



Dommage, cela rend toute une partie du site "Désirs d'avenir" invisible aux internautes.

En revanche, Ségolène Royal a bien compris comment on pouvait réaliser une sortie honorable après un fiasco : un véritable happening hebdomadaire sera le renouvellement du fond d'écran de la "splash page" (page d'accueil globale à l'ancienne) qui sera changée sur proposition des comités locaux. Nous allons donc progresser de semaine en semaine sur le ricanement de la laideur qui ne cachera plus son mépris pour le Web, un mépris estéthique.



Pour mieux cacher son amateurisme sur le coup, la stratégie est donc de célébrer l'amateurisme global comme compétence. C'est à dire de se rapprocher d'une base qui serait valorisée car non-experte (chacun l'est pourtant dans son métier) pour la transformer en victime sociale, celle-ci d'autant plus intéressante qu'elle se croit victime puisque cette population va servir à faire baisser ses couts de promotion (sic) de son mouvement - sa fragilisation la rend corvéable à merci sur le plan de l'investissement politique. Mépris éthique, donc.

Ségolène Royal retrouve donc sa forme combattante et sa capacité d'innovation dans le champ militant, en inventant pour une France extrêmement bien connectée, le réel-populisme. Dans les années qui vont précéder 2012 les dégâts de précarisation vont devenir "in" et représenteront le "nec plus ultra" du conservatisme social.
Il va lui falloir figer cette photographie, tant pis pour celles et ceux qui avancent, travaillent à meilleur monde, recherchent leur voie dans cette complexité ou s'inscrivent dans la diversité des nouveaux métiers.

Déjà la France est en train de se dédoubler économiquement avec d'un côté une véritable économie parallèle, locale et associative, dans les campagnes et les cités, qui n'a plus que les ressources que de coûter à l'Etat de par les nécessités de survie, de l'autre le monde classique qui a encore les moyens ou la position de soutenir l'effort que réclame le poids des taxes.

Le danger de ce "réel-populisme" est de diviser puis de tirer psychologiquement vers le bas un pays qui dispose de réelles compétences qui ne devraient pas être employées à des fins de prise de pouvoir d'une leader d'opinion.
Le "réel populisme" risque en fait de devenir la marque d'un certain conservatisme national populaire, brisant la foi et l'espoir dans un avenir meilleur, en encerclant par le ricanement ou le mépris la fin et l'objet de tout progrès.

mercredi 16 septembre 2009

Désirs d'avenir 2.0 : une régression et une opportunité manquée

Je ne suis pourtant pas un militant de DA (Désirs d'avenir) mais j'ai connu des sentiments mélangés à la vue de ce qui se veut être la nouvelle plate-forme de Désirs d'avenir et qui a servi de support à une livraison un peu tardive de la vidéo de Ségolène Royale. J'aurais du me réjouir mais je pense que c'est malheureux pour l'image de la politique et particulièrement pour son expression en ligne qui vient de manquer ce qui aurait pu être un formidable rendez-vous.
Quelques explications utiles sur le site de Rue89.

Dans l'état actuel du projet desirsdavenir.com, je doute que cette plate-forme donne un jour une satisfaction identique à ce qui va être concocté du côté du PS avec "CooPol" et "Les créateurs de possible" de l'UMP. Toutes les fautes ont été accumulées, design cheap, glauque et peu engageant, concept erroné de la splash page, des liens vides et mal renseignés, une image d'entête de 1190 pixel (oui vous avez bien lu) qui rend ridicule les feuilles de styles fluides de Joomla, une erreur 500 intermittente sur la page d'accueil qui dénonce une architecture web mal maîtrisée techniquement, l'utilisation inutile du Flash en première page pour la bonne raison qu'aucune animation n'est réclamée, etc.

Autant s'arrêter de suite, car le site visiblement n'a pas été construit par des gens du métier. Dans l'état actuel des choses, si ce site doit être amélioré et correspondre un jour aux attentes d'une communauté sociale, même militante, il faudra que le projet soit remis entre les mains de professionnels et leur chef de projet ou architecte avant-vente estimera surement nécessaire de reprendre le travail à la base.

Ce manque de professionnalisme, lui, poursuivit jusque dans l'attente de plus de 2 heures de la fameuse vidéo que Ségolène Royal annonçait dès 17h30 en ligne. D'après son service de presse, cela est du à un retard non technique, mais tout simplement parce que la principale intéressée "avait enregistré tard". Après la fraîcheur projetée et dérangeante de son spectacle au Zénith, qui, à mon avis, était un pur coup de génie politique, voici Ségolène Royal qui retombe dans ses travers, une certaine forme d'amateurisme ou un manque d'organisation. Cela avait été flagrant surtout le soir du premier tour de la Présidentielle où on avait clairement vu qu'en matière de préparation Nicolas Sarkozy ayant placé la barre haut, elle apparut bien trop en retard à l'écran pour livrer son discours et accompagnée d'un plateau, d'une conception média et d'une réalisation technique, qui ne faisaient clairement pas le poids.
Ségolène nous séduit certainement par un savant mélange d'ardeur et d'inflexibilité, hélas elle semble cultiver à intervalles réguliers les actes manqués.

Déceptions remarquées :
Tweet de Benoît Thieulin
Tweet de Nicolas Vanbremeersch/Versac
Tweet de Nicolas Voisin

mardi 15 septembre 2009

nosdéputés.fr : une promesse à concrétiser

L'arrivée du site http://www.nosdeputes.fr a été célébrée comme le tournant d'une nouvelle ère politique en ligne.
Je ne suis pas journaliste, encore moins évangéliste, je préfère poser des jalons qui me semblent importants pour que la tentative réussisse.

Sur l'équipe, on a compris d'après les assurances qu'il s'agit d'une équipe passionnée et compétente aux commandes du site, étant donné le service qu'ils comptent apporter et la crédibilité qu'ils doivent  inspirer, il faut qu'ils fassent le maximum pour rester jognables par le public et donner des gages de visibilité sur qui ils sont. Nom, prénom, courriel, occupation, photo et courte biographie. Les responsabilités et rôles de chacun doivent être annoncés. Si engagés dans une activité militante, politique ou syndicale, il faut aussi qu'ils le signalent. C'est la moindre des choses pour gagner le respect de tous les publics.

Le site pour l'instant est en version alpha, toutes les fonctionnalités promises ne sont pas en place, des liens aboutissent à des pages blanches (ils devraient être grisés). Ce serait bien si c'était annoncé par un sticker sur le logo en entrée de site, comme cela les politiques grognons n'auraient pas l'occasion du buzz sur les insuffisances du site, alors que c'est tout simplement en cours de construction.

La FAQ ne suffisait pas déjà au temps du Web 1.0 dans les projets collaboratifs, après le Web 2.0 c'est carrément insupportable, il faut donc installer à minima un blog qui tient de fil conducteur de la complétion et des nouveautés du site, avec des annonces régulières sur l'état des travaux.

Je n'ai pas tenté de m'inscrire, mais je pense que ce serait une bonne chose de forcer les gens qui veulent débattre des textes à se signer avec leur nom complet, leur age et leur lieu d'habitation. Histoire de mettre gentiment la pression sur les parlementaires, en montrant les débats et réactions de vraies personnes et non de porte-flingues militantsà l'abri de leur masque.

Comme ce site s'adosse à une institution, il faut faire forcément ce travail de communication et mettre l'information minimale pour répondre d'avance à toute enquête journalistique, citoyenne ou privée, qui se proposerait d'en mesurer la crédibilité ou les biais éventuels. Sinon, ce genre d'initiative citoyenne, risque un jour de se faire "forker" (doublonner) par un site réel et institutionnel, qui, avec la différence de moyens mis en jeu, s'imposera naturellement.
Mieux vaut prévenir que guérir car l'aventure est trop belle.

lundi 14 septembre 2009

La réalité hystérisée : mensonges officiels et hypocrisie

Demain, la réalité augmentée, aujourd'hui, contentons-nous de la réalité hystérisée. Le mélange détonant d'une  caisse de résonance orchestrée appelée l'Internet, avec dans le rôle de l'incendiaire les marques de presse dans le lachage préalablement conditionné de "off" (une terminologie perdue pour une profession médiatique en mal de spectateurs attentifs) ou de vidéos amateurs.

La réalité hystérisée, c'est à quoi nous assistons aussi pour le débat sur l'Obamacare, une hystérie libertarienne et républicaine, aussitôt rejointe par une hystérie de la Maison Blanche, inaugurant la délation par mail et le spam gouvernemental, vite étouffés certes car les systèmes de pouvoir démocratiques ont encore à l'heure actuelle des mécanismes de protection contre la sur-réaction.

Cette hystérie est généralement alimentée par le mensonge.
Un exemple, la dernière adresse au Congrès américain d'Obama, bien que splendide et émouvante dans sa préparation et réalisation, a officialisé deux mensonges, le financement intégral de l'Obamacare par la réduction des dépenses de santé, et la promesse qu'aucun immigrant illégal ne sera pris en charge par le futur système de santé.
Nous savons hélas trop bien que dans tous les pays occidentaux rien n'a pu être fait pour enrayer les coûts croissants de la demande de santé et que les Etats-unis finalement seront obligé de payer le prix de ne pas s'être engagé plus tôt dans un système de couverture globale. Le deuxième mensonge ne tient pas non plus, il va être difficile de ne pas laisser une porte ouverte à l'option publique aux immigrants illégaux car il apparaît évident que par simple justice sociale, les "liberals" ne pourront laisser des êtres humains participant à la productivité du pays, en détresse médicale, sans le choix d'un plan d'assurance, même s'ils ne sont pas américains.
Inutile de dire que ce discours n'a donc eu aucun effet de démobilisation sur l'opinion républicaine, comme en témoigne la récente manifestation de samedi à Washington.

D'autres types de mensonges, comme celui de Brice Hortefeux sur l'explication de son "off" de Seignosse, alimentent aussi l'hystérie, celle de l'anti-racisme en France, qui se révèle bien vite comme dans le cas des républicains américains, une exagération reposant sur une hypocrisie globale, où il s'agit toujours de la posture de l'ange contre la bête. Et je ne crois pas que l'aveu ou l'excuse puissent être une façon simple de se dédouaner, comme le croit Versac, puisqu'à l'instar de Fox News dans la guerre contre Obama, la stratégie est d'arriver à l'élimination de la cible, soit par sa démission, soit par la démonstration de son impuissance.
Ce mouvement pendulaire entre mensonge et hypocrisie est bien une caractéristique de notre modernité. Il s'agit simplement de guerre de l'information, et par les réseaux, qui procèdent de tentative de dissémination d'un "mème" par instrumentalisation d'un dévoilement.

Pour les années à venir la réalité hystérisée interviendra au croisement de l'utilisation des technologies en cours et d'un besoin de transparence maladif - détecté par les spécialistes du Web 2.0 - proche de la curiosité morbide de l'automobiliste qui freine insensiblement pour observer le paysage d'un accident. C'est pour cela que les informations mises en scène comme si elles étaient sorties d'une semi-confidence, d'un brouillage entre l'espace privé et public, comme si elles représentaient un dévoilement de la réalité sur les motifs inavoués d'un personnage public, sont précieuses. Il s'agit ni plus ni moins que d'un conditionnement préalable, d'un emballage astucieux de celles-ci.

En attendant le développement des réseaux d'informations et d'analyse en temps réel, nous demeurons essentiellement dans le cadre des médias classiques et pour notre information comme désinformation. Développement des caméras et micros qui trainent en permanence, ou les mobiles inopinément laissés ouverts dans les poches, sur les bureaux ou les sièges. Dans un avenir proche, pensons que ce seront nos propres objets connectés que nous porterons de manière inconsciente qui seront les plus fidèles délateurs.

A l'évidence nous n'avons pas fini de connaître de tels exploits. S'ils s'installent avec autant de force dans le paysage politique quotidien, c'est qu'il existe au delà du débat politique argumenté, des désirs de victoire dans un meurtre symbolique, porté par des collectifs, des réseaux "sociaux" en souffrance de reconnaissance ou de pouvoir, qui ne s'embarrassent pas sur les moyens, car il s'agit, rappelons le, de guerre, et peu de gens, même les plus avertis, peuvent prétendre ne pas y être mêlés une fois qu'elle est en mouvement.

Pourtant la netiquette et l'esprit originel d'Internet sans interdire formellement les exagérations, soulignaient déjà le fait que le bruit provoqué par ces flambées d'invective fonctionne à l'inverse des processus de connaissances et de progrès.
L'apprentissage global des nouvelles pratiques se fera comme nous avons appris aux cours de décennies en tant que lecteur à nous distancier de l'écrit journalistique, enchaîné à une volonté éditoriale, par l'exercice de notre esprit critique.
Une réaction globale à l'hystérisation se fera donc sur la longue durée, inutile de nous extasier sur la génération Y ou les "digital natives", elle n'en sera pas immune, au contraire, elle sera grande joueuse à ce casino de l'affect. Mais gageons que les enfants de leurs enfants pratiqueront le discernement nécessaire. Ce seront avec eux que s'élaborera, peut-être, ce qui ressemble à une démocratie participative.

Pour le moment, nous rentrons dans la longue traîne d'immaturité des réseaux sociaux.

jeudi 10 septembre 2009

Une querelle médiatique pour les historiens du futur

Franchement, je ne vois pas de propos racistes tenus par Brice Hortefeux lors des prises de photos avec le public, lors de l'université d'été de l'UMP. Et je trouve dommage que lors de ce passage vidéo  plein de rires et de bonhommie on se mette à condamner une phrase ambigüe (attention, ambigüe, même si c'est un défaut de communication, veut simplement dire à double ou plusieurs sens).

C'est vrai que cette phrase prise hors de ce contexte jovial, peut soit faire grincer des dents car elle soulignerait un anti-communautarisme de la part de Brice Hortefeux, soit apparaître comme parfaitement normale, trait d'humour relié à la pression insistante, dans le dos, de la délégation auvergnate, qui n'a pas eu son quota d'attention et de photos.

C'est une question de regard, soit on est sensible à la question communautaire et dans ce cas on est forcément offusqué, puisque toute réflexion ambigüe devrait provoquer la punition, soit on est républicain et on passe son chemin sans remarquer l'exploitation politique qui pourrait être fait de cette ambigüité.

C'est une question importante et difficile à trancher dans l'absolu ; il faut choisir, a priori, entre deux voies, l'une qui amène au renforcement de la séparation psychologique entre communautés sous prétexte d'un bien universel qu'il faudra un jour quand même décrire pour voir s'il débouche sur le bonheur attendu, l'autre, l'acceptation d'un système réel et imparfait, la république, qui est amenée à statuer en permanence pour le bien commun au-dessus des intérêts communautaires, donc culturels et religieux.

[Edit 12/09/2009 14:17 ] Un autre aspect de cette querelle. Un excellent article de Versac sur Slate.fr qui mérite plus d'une lecture, car il est un peu sec et doit être adapté et nourri de votre propre réflexion. Très bien vues de la part de Dominique Wolton sur l'antenne de RTL, les deux remarques suivantes : la première, ce n'est pas l'Internet qui a "buzzé" cette vidéo, mais bel et bien la puissance encore subsistante des médias traditionnels, la deuxième, cette affaire est une nouvelle fois l'apparition d'un journalisme poubelle qui se repaît d'image volées et instrumentalisées hors contexte. Dommage pour Le Monde qui paraît-il nous avait habitué à une autre hauteur du débat politique

mardi 8 septembre 2009

Une nouvelle façon de se tirer dans le pied

Les éditeurs européens continuent de penser au meilleur rendement possible de leur catalogue, d'en obtenir la meilleure offre, même s'ils sont incapables ou ne souhaitent mettre en ligne les oeuvres orphelines. D'un autre côté, les auteurs ou ayant-droits des auteurs, devront attendre et tirer un trait sur les premiers revenus du projet Google au nom des intérêts d'une profession qui a dirigé leurs carrières et fabriqué le goût du public depuis deux siècles.

Google ne tient pour l'instant qu'à jouer la carte de l'apaisement, propose même un siège de surveillance aux éditeurs européens dans la constitution de leur autorité indépendante qui règnera sur cet océan d'oeuvres digitalisées.

Aux Etats-unis, l'accord a certaines chances d'être amendé puis conclu, Google a réussi de mettre de son côté l'American Association of Publishers et l'Authors Guild. Il y a des résistances qui semblent avoir été vaincues de l'autre côté de l'Atlantique en offrant aux éditeurs et auteurs, sur  les revenus, la part du lion sur la consultation d'oeuvres et un droit de regard.
Bien sûr, en Europe un accord se fera ou ne se fera pas, de toute manière suivant des termes différents et suivant un autre cheminement.

Nous sommes au milieu du gué, dans ce moment de transition où les institutions classiques, espèrent résister aux flots des potentialités technologiques, comme les digues de la Nouvelle Orléans face à l'ouragan Katrina. Derrière cette méfiance, se cache une bataille d'orgueil. Cet orgueil repose sur le refus de lâcher prise sur certaines compétences et décisions. Il s'agit donc d'une querelle de pouvoir.

Prenons l'exemple de la France, comme toute nation occidentale qui se respecte, elle abrite un trésor de savoir derrière les murs de ses bibliothèques nationales et universitaires. Voila à présent, une quinzaine d'années que nous avons la possibilité technique et l'opportunité d'offrir au public  une consultation sur le Web.
Pourquoi ne nous sommes pas mis sur les rangs avec la même efficacité que Google ? simplement parce que cela impliquerait de remettre entre les mains d'équipes de technologistes une part des décisions que les femmes et hommes de savoir croient pour l'instant être les seuls en droit de posséder, et pour longtemps, car ils ont la sensation d'être les héritiers et les gardiens du mausolée culturel. Un garde-fou dans une époque qui va décidément trop vite.
Cela demande aussi un saut de compréhension, que puissent un jour se croiser, sur un même outil et avec bonheur, les publics de professionnels, d'experts ou d'amateurs. Or ces personnes ont bâti leur existence sur des certitudes telles que "l'information est le pouvoir".

Ce que ce monde institutionnel ne semblent pas réaliser, pour le moment, c'est qu'avec le nombre d'ouvrages européens qui doivent reposer entre les murs des bibliothèques américaines, le public de chercheurs et d'étudiants de l'autre côté de l'Atlantique, inéluctablement, possédera un avantage conséquent en terme de souplesse et de rapidité d'accès à l'information par rapport à leur pairs européens. Combien de temps les universités et la recherche Européennes pourront jouer la fable du boulier face à l'ordinateur mobile ? Je ne le sais.

lundi 7 septembre 2009

Jeff Jarvis & the like, get some netiquette training, if you please...

Very recently Jeff Jarvis went mad about a French journalist of Le Monde in a tweet. Let me quote him.
Just got inquiry from Le Monde reporter with all the standard anti-Google cant. French reflex. What does France have against success?
Jeff Jarvis has perfectly the right to complain about a distorted view of a French journalist about Google, and to criticize her work on these terms. But the last sentence is going too far as he is trashing the whole country in a sweet shortcut. Which is hardly appropriate for an intellectual or educated man.

All the same, in a recent paper, "Try life without Google, France", Jeff Jarvis went mad about French publishers, but also failed to make clearly the distinction between French people and the real culprit of his anger.

This case does not seem isolated. A young lady, incidentaly participating at Techcrunch was infuriated, because she did not get her visa to Brazil in time. She then made the confusion between a small part of Brazilian authorities and the country as a whole. Let's hear and read her :
"You want foreign investment and attention, Brazil? Here’s an idea: LET PEOPLE ENTER THE DAMN COUNTRY. You want to show your IT prowess? How about outfitting your consulates with computer systems that work? Or maybe rolling it out slowly so other offices could handle the overflow. Or training people on it first."
Note the use of capitals from this lady, which means definitely that she is yelling, in netiquette terms, joined with the usual piece of advice from a "superior" foreigner that if this "sub-country" wants his or her money, the latter needs to comply with every caprice. May I remind her that Brazil, anyway, is growing to be one of the future powers of this world, and that her anger is misguided at best ?

Ok if I stayed only on my cultural grounds and beliefs, I would say this is a mere question of education.
It is also a problem of netiquette.
And this is the way some of old media journalists got their poor reputation and made the poor reputation of the press, by acting and showing like they were semi-gods among their pretended human equals.

The Internet has risen to be global, and global does not mean that every guy you encounter on line should be adressed the same way and with the same familiarity that when you go to the pub. And also that it is not because you have had a few bad experiences with some people that you should trash the whole country, culture or religion.

I thought it was just common sense, and good adaptation in an intercultural sphere, that is what my international business teacher used to tell me 20 years ago. But times have not so much changed, you will always encounter people that even the experience of the Internet cannot make them learn.

samedi 5 septembre 2009

Vivre sous la terreur de concepts fabriqués

Il n'y a rien de pire pour tout homme qui désire progresser ou du moins le tenter, que d'avoir à vivre sous un corpus de principes qui échappent à l'entendement. L'une des bêtises qui court la France n'est pas de verser dans le bons sens, au contraire, c'est celle de vivre sous l'étreinte de la pensée de quelques-uns.

On veut nous mettre camisole, parce que la religion et le dogme ne sont plus en cours chez nos contemporains, il faudrait que des clercs d'un autre ordre nous livrent à des servitudes supplémentaires qui ne sont inscrites ni dans la Constitution, ni dans les lois, ni même dans des recueils de bons usages ou de bonnes pratiques. Voici qui il faut aimer et qui il faut détester. Voici ce qu'est être de gauche et ce qu'est être de droite. Et souvent il y a bien pire que d'obéir aux bulles papales qui sont loin d'être aussi sottes que les éditoriaux des chefs de gare de l'opinion.

Nous avons vu cela, postés de l'Internet assez récemment, avec les leçons de morale inversées faites à des blogueurs, avec des émissions de reportage mettant, par exemple, sur le même plan l'addiction au drogues dures et celle des jeux connectés. Des situations sont tirées de la foule, généralisées, analysées, puis mises au rang de faits de société. Jamais on a autant eu besoin d'esprit critique comme de mesure pour espérer se dégager de cette tunique de Nessus.

Le plus cruel c'est que nos représentants nationaux peuvent aussi bien tomber dans ce piège, étant donné que les études d'opinion sont censées refléter les préoccupations villageoises. Plus j'observe, plus je crois qu'il y a une indécence à culpabiliser des gens, ou à leur faire accroire qu'ils doivent se limiter aux arrêts prononcés sur un papier à grand tirage, au micro ou face à l'objectif d'une caméra. Si l'on peut tirer un enseignement ou du plaisir d'une souffrance, parfois, nous avons en revanche aucune espèce d'intérêt à nous laisser posséder par ces homélies laiques ou par de faux ridicules.

Qu'en pensez-vous ?

jeudi 3 septembre 2009

Un président qui n'a pas le complexe du changement, l'autre si

On a dit, on dit et on dira beaucoup de mauvaises choses sur Nicolas Sarkozy. Mais en ce moment, le rythme moins effréné lui permet de se caler dans une série d'actions plus espacées qui sont loin d'être idiotes sans nuire à son talent de négociateur.
L'annonce de l'éco-taxe, élaborée avec le concours de Michel Rocard et maintenant la préparation d'un sommet du G20 avec une position Européenne commune, incluant les Anglais, ne sont pas des petites victoires. A l'évidence, lorsque l'on regarde le contenu des décisions prises, elles ne semblent pas être celles d'un pouvoir de droite, encore moins d'un ultra-libéral autoritaire.
Les plus intransigeants diront qu'il s'agit là, avant tout, d'effets de communication... je ne le crois pas, plus le temps avance, plus le Président évolue vers une position bien française, qui, non seulement, utilise toujours les leviers de l'Etat centralisé, mais l'installe en leader de récupération des états d'âme de l'opinion. C'est cette action de filtre dynamique et mesuré des secousses du peuple comme de ses désirs immanents qui anime les chefs d'Etat modernes.
Ce qu'Obama ne réussit pas pour l'instant. Il n'a pas accroché une seule réussite à son palmarès qui reste après 6 mois de pouvoir totalement vierge. C'est dommage en un sens, notre inclination aux câlineries pour ce bel homme svelte à la parole distinguée est frustrée, et le silence de la presse de ce côté de l'Atlantique est à l'égal des fautes de communication que lui et son administration commettent de l'autre. Fermeture de Guantanamo ? rien. Retrait d'Irak ? pas sûr. Signes de victoire en Aghanistan ? Changeons de sujet voulez-vous.
Et ce débat mal engagé de la réforme de la santé, où, malgré les assurances néo-conservatrices qu'il a données dans le choix de ses conseillers financiers, l'ouverture aux députés républicains a reçu une fin de non recevoir. Barack Obama a un problème d'image, son assurance et son aura, quasi-parfaites, contrastent à présent fortement avec son manque d'audace, de punch, d'agilité. Et les républicains auraient torts de ne pas s'engouffrer dans la brèche d'un leadership non-assumé. C'est pour l'instant un terrible gâchis, l'homme paraît tétanisé devant la tâche pendant que les dossiers s'enlisent.

mercredi 2 septembre 2009

Barack Obama et la nouvelle idéologie du Web social

Cela a commencé il y a quelques jours, Fabrice Epelboin éminent technophile du Web francophone, de son flux d'articles préférés, sortait une pépite, la traduction, publiée sur le vénérable site Internetactu, d'un texte fondateur sur une des visions probables du Web de demain. 
A la rédaction de ce texte, deux sommités de la sphère du Web commercial actuel, l'initiateur du Web 2.0 Tim O'Reilly et John Battelle
Ce texte décrit la transformation du Web 2.0 ou du Web collaboratif ou du Web social, comme vous déciderez de l'appeler, vers un Web au carré. C'est à dire un Web qui se développerait comme un enfant venant à la rencontre du monde réel, explosant son enveloppe première qui était le Web primordial inventé par Tim Berners Lee ou le World Wide Web.
La vision était splendide, si bien qu'on se serait déjà cru projeté dans la prochaine production de Steven Spielberg ou de James Cameron. Mais ce qui a valeur d'argument de l'autre côté de l'Atlantique, parce que ce n'est au bout du compte que de l'émotion pure, ne saurait cacher chez un esprit européen ce qui en fait est un triste pied de nez à Tim Berners Lee et son projet de Web sémantique que j'ai cité dans mon article précédent sur ce blog. 
Tim O'Reilly se pose en visionnaire et semble dire à son adversaire : "tu vois, ma perspective englobe la tienne et à partir de maintenant, c'est moi qui suit aux commandes de la destinée de ce mystérieux paquebot conceptuel qu'est le Web pour les intellectuels de la planète."
Jusqu'ici, je me disais, rien de grave, juste deux personnes qui ont pété les plombs sur leur stature personnelle et nous jouent une mauvaise pièce sur la scène médiatique mondiale. Or cela va plus loin que cela.
Il y a deux années, Tim O'Reilly, lors de l'une de ses propres conférences du Web 2.0, se faisait étriller par l'architecte juridique de la Free Software Foundation, l'organisme le plus attaché aux libertés fondamentales au sein de et à travers les différents bouleversements informatiques qui secouent notre monde actuel. 
Un peu contrit de cette leçon socratique admonestée par ce vigoureux juriste qu'est Eben Moglen, et de surcroît devant son public, Tim O'Reilly qui ne put se défendre dans le dialogue vif et précis qui s'était engagé, choisit de s'expliquer dans un article postérieur, plus au calme.
La conclusion de cet article est (sans bien sûr qu'Eben Moglen put répondre, cette fois-ci) que les gens de la Free Sotware Foundation sont trop attachés aux libertés regardant la technique, logiciel et matériel informatique, et qu'ils sont par là même incapable d'imaginer une liberté supérieure qui dépasserait le cadre circonscrit de leur préoccupations.
Trés bien, me disais-je, même si c'est une insulte à un adversaire non-présent, technologiste certes, mais professeur d'histoire du droit à l'Université de Columbia, je peux très bien imaginer que Tim O'Reilly ne fait là que règler ses comptes, et qu'il soit en fin de compte un partisan avoué de la liberté, même face aux intérêts étatiques ou commerciaux, surtout si c'est une liberté supérieure.
Toujours rien de grave.
Or voici qui commence à devenir gênant, le texte fondateur du Web au carré, ne comporte nulle part le terme de liberté, et ne propose même pas une réflexion sur les possibilités d'atteintes à la vie privée par l'exploitation des données des utilisateurs dans ce nouvel univers. C'est comme s'il fallait croire que le mouvement d'abandon des données des utilisateurs, les plus intimes et inconscientes soient-elles dans ce monde meilleur, leur garantissait dynamiquement en retour,  quelque part, le contre-poison à leur exploitation malveillante, soit par un Etat, soit par un trust.
Et voilà ce que je réalise : que demande en fait Tim O'Reilly pour la réalisation de ce rêve cinématographique d'un monde meilleur ? la transparence, le dernier buzz à la mode des publications sur le Web social... mais la transparence de qui ? celle de tous les intervenants du Net, du gouvernement comme celle du citoyen. Avouez qu'il commence à y avoir de quoi rire. 
Et cette transparence serait donc une forme de liberté supérieure ? 
Mettons-nous à nu face aux gouvernements et nous serons libres ?
Voltaire aurait eu un accès de rire mémorable s'il avait pu entendre cela de son vivant. 
Il ne faut pas bien sûr juger sur une première source d'information, surtout si elle se présente sous la forme d'un texte inspiré, en voici une deuxième, tiré d'un article d'un reporter en technologies du New York Times, Saul Hansell, qui s'intitule le silence de l'administration d'Obama sur la vie privée.
Saul Hansell commence par faire remarquer que l'administration Obama s'est engagée sur un certain nombre de sujets d'importance concernant la cybertechnologie. Un certain nombre... mais curieusement, pas sur la protection de la vie privée...
Or il a pu deviner la position de l'administration d'Obama, lors de sa participation à un colloque sur les libertés informatiques (Computers, Freedom and Privacy Conference) à Washington. Voici ce qu'a dévoilé Peter Swire, Professeur de droit de l'Ohio, et membre de l'équipe de transition d'Obama.
D'après ce professeur, il ne pourra y avoir de voix officielle de l'administration Obama sur la question du respect de la vie privée en ligne, car il y a une scission entre l'opinion classique des experts technologiques sur la vie privée et celle, émergente, des professionnels qui sont nés avec les réseaux sociaux, le Web 2.0.
Je continue par une traduction de l'article, car cela est savoureux.
"Le mouvement du Web 2.0 est opposé au mouvement pour la vie privée." dit-il. Traditionnellement, les défenseurs de la vie privée font pression pour une politique de minimisation des données , a t-il argumenté. Le moins d'informations conservées sur les personnes, le moins de possibilités pour le gouvernement ou les entreprises  de s'attaquer aux personnes.
La nouvelle idéologie [celles du Web social] tourne autour de ce que M. Swire a appelé "l'autonomisation par les données". Les gens assemblent et contrôlent les informations sur eux-mêmes grâce au réseautage social en ligne et par d'autres sites. Et l'accès aux données peut créer des mouvements politiques et sociaux, comme les bénévoles se sont rencontrés et organisé pendant la campagne présidentielle Obama.
"Nous sommes les consommateurs qui sont devenus les producteurs de leurs propres données", a déclaré M. Swire. "Nous sommes assez puissants pour pouvoir faire des choses politiquement efficace avec les données."
Mme Crawford, qui a déclaré que la Maison-Blanche lui avait interdit de répondre aux questions lors de ce colloque, n'a pas réagit sur le commentaire de M. Swire. Dans sa présentation, cependant, elle a mis en évidence l'engagement de l'administration à créer data.gov, un référentiel des informations collectées par le gouvernement fédéral. Même s'il n'est pas destiné à diffuser des informations sur les individus, cette base de données représente la position de l'administration qui est que "l'information est le pouvoir."
"Nous n'avons aucune idée de comment ces données seront utilisées et c'est le but de l'opération," dit-elle. 
Maintenant, nous sommes assez équipés pour dire que sur ce sujet de la vie privée, une non-décision de Barack Obama correspond à une décision en faveur de la nouvelle idéologie du Web social. Mais ce n'est pas tout.
Dans un autre excellent article - et j'ai encore choisi une référence de presse qui ne peut pas déranger le camp démocrate - du Washington Post, est relatée une décision rapide et discrète de l'administration Obama qui revient sur une interdiction pour l'Etat fédéral d'employer les données des citoyens qui viennent sur ses sites, pour en dresser un profil et le conserver.
Cette interdiction datait de 9 années. et remonte donc à 2000.
Là encore, je traduis et cite l'article car c'est une nouvelle fois savoureux.
Les soutiens du changement disent que le réseautage social et les services similaires, qui souvent tirent avantage des technologies de pistage, ont transformé la manière dont les gens communiquent sur l'Internet et les aides d'Obama disent que ces services peuvent rendre le gouvernement plus transparent et augmenter la participation du public.
Il faudra qu'on m'explique en quoi l'établissement d'un profilage des citoyens qui viennent sur les sites des agences fédérales, représenterait la promesse d'une plus grande transparence de l'Etat. Une plus grande transparence du citoyen, oui, sûrement.
Mais ne soyons pas chafouins, accordons, comme le fait cet article, le bénéfice du doute à Barack Obama et à ses conseillers, qu'ils n'utiliseront ces données que pour le bien public, même si ce n'est pas exactement "transparent."
Et puis, comme beaucoup de développeurs le reconnaissent, comment pourrait-on créer des application dynamiques sur le Web, par exemple, sans ces bons vieux cookies ? Difficile certes, sauf qu'en tant que gouvernement démocratique, on n'est pas contraint de s'associer avec des géants privés de l'Internet pour partager et croiser les données collectées de part et d'autre, en bonne intelligence.
C'est le cas hélas que cite ce même article du Washington Times, d'après deux sources distinctes, l'Electronic Frontier Foundation et l'Electronic Privacy Information Center, qui font état d'un contrat signé le 19 février 2009 entre Google et une agence fédérale que personne ne veut nommer.
Si l'interdiction est levée, ce contrat et bien d'autres se passeront dans le silence le plus absolu ; les agences fédérales n'auront plus à soulever et motiver des exceptions pour obtenir le droit de passer des accords avec des réseaux sociaux ou collaboratifs privés et centralisés, comme Facebook, Flicker, etc. Toujours dans le but de récolter et miner des données laissées par le citoyen.
J'aurais une dernière prévention pour Barack Obama et ses conseillers : le fait qu'après tout les risques de collusion entre les pouvoirs privés et publics, après tant d'affaires qui ponctuent l'histoire politique des Etats-unis, cette fois-ci seront écartés. Car n'avons nous pas là, pour une fois, un personnel politique extrêmement sensible et "au courant" des bonnes pratiques en matière de nouvelles technologies ?
Regardons objectivement si c'est le cas.
Je vous renvoie à un article du Wall Street Journal pour référence. Mais là, vous pourrez en trouver beaucoup d'autres : ces deux affaires sont plus connues, car elles ont pratiquement fait la une politique, ce dernier mois d'août.
Se rendant compte que les républicains avaient mis en place une campagne décentralisée, à partir du terrain, où chaque militant envoyait à sa famille, ses amis et ses connaissances un courrier vindicatif sur la réforme du système de santé, comment Obama et ses conseillers ont-ils choisi de contrer cette stratégie ?
Premièrement, par la délation.
Une adresse éléctronique a été mise en place à la Maison Blanche pour accueillir les dénonciations de tout bon citoyen qui trouvait un courrier électronique "suspect" (fishy) dans sa boîte aux lettres. Le citoyen n'avait qu'à faire suivre (forward) ce courrier en utilisant l'adresse généreusement fournie par les équipes du Président.
Evidemment, comme il existe encore des procédures démocratiques, il a suffit qu'un député républicain demande officiellement des explications pour que l'adresse des dénonciations soit définitivement supprimée.
Deuxièmement, par le spam (sic).
David Axelrod, l'un des conseillers principaux d'Obama, et paraît-il l'artisan de sa campagne, a trouvé une autre idée brillante. Pourquoi ne pas réveiller la base de manière centralisée ? Par exemple, se servir de listes d'adresses électroniques de prétendus soutiens populaires d'Obama, et d'envoyer le même courrier militant à tout le monde. Un coup de génie en effet...
Quelqu'un dans son entourage aurait pu lui expliquer qu'il s'agissait de spam, que c'était une erreur grossière et que les conséquences au niveau de la communication pouvait être plus négatives que les bénéfices espérés. 
Là encore, cela fit scandale dans l'ensemble des médias et les républicains durent se taper sur les cuisses.
On peut à présent dresser une conclusion simple.
En accord avec l'industrie du Web Social, l'administration Obama entend profiler et constituer des bases de données sur les citoyens qui effectueront des démarches et des recherches d'informations sur les sites des agences fédérales.
Le gouvernement 2.0 est en plein essor.
Soit dans sa configuration envisagée, le contrôle du citoyen par son obligation de transparence comme garantie de sa participation à la vie collective. Servage prolongé jusqu'au bénéfices des acteurs privés du Web social.  Voici venir un meilleur monde selon O'Reilly, et je vois d'ici deux excellents connaisseurs de la technologie que sont Barack Obama et David Axelrod opiner du chef.
Il y a eu, à une lointaine époque, un projet à peu près similaire aux vues du village planétaire  transparent de Tim O'Reilly, inventé par le célèbre Walt Disney. La citée transparente idéale : les employés de la maison Disney qui, habitant dans les parcs d'attraction de la marque, montreraient l'exemple d'une vie réglée, vertueuse et heureuse aux clients ébahis par tant d'harmonie.
Projet qu'un artiste, lors d'une interview dans les Cahiers du cinéma, Orson Welles, qualifiait de fasciste.
Nous n'en serons pas loin si les intérêts privés en jeu se déploient avec l'aval d'un gouvernement affaibli et si peu circonspect face à la nouveauté.